28.04.2008
Sakozy : des réformes nécessaires et cohérentes
Depuis quelques mois l’opinion publique a été quelque peu désorientée par la manière de gouverner, voire de se comporter de Nicolas Sarkozy, troublée devant la multiplicité des réformes et un certain « désordre » gouvernemental et déçue de ne pas constater des résultats immédiats de la politique mise en oeuvre. L’objectif de l’entretien télévisé d’hier soir était, pour le Président de la République, de répondre à ces trois malaises, en affichant une attitude plus sereine, en expliquant et en clarifiant sa politique, en la remettant en perspective, afin d’en montrer la cohérence et sa capacité à donner des résultats sur le long terme.
Je n’insisterai pas sur l’attitude et le ton, salués par les commentateurs, d’un Président plus sobre, réfléchi, admettant des erreurs, et montrant qu’il habite mieux sa fonction, conscient de ses responsabilités et soucieux de les remplir sans faiblesse. Le changement, constaté depuis plusieurs semaines maintenant, se confirme…même s’il faudra encore du temps et d’autres manifestations pour en convaincre totalement les Français.
Sur le fond, il a d’abord rappelé une évidence que les observateurs de bonne foi ne peuvent manquer de constater, même si elle est la plupart du temps volontairement occultée : depuis l’élection présidentielle, l’environnement international a changé et la crise des subprimes, le doublement du coût du pétrole, l’envolée des prix des matières premières comme la faiblesse du dollar, rendent les choses plus difficiles, limitent les marges de manoeuvres et retardent les résultats positifs.
Dans ce contexte, derrière lequel il ne se réfugie pas mais qu’il ne peut manquer de signaler, le paquet fiscal apparaît comme un élément plutôt positif, même s‘il a été fort mal présenté. Profitant pour plus des quatre cinquièmes de son montant aux ouvriers et employés, il a pour partie contribué à éviter l’écroulement de la consommation et de la croissance comme l’aggravation de la baisse du pouvoir d’achat dans cette période difficile (et relativement plus difficile pour les autres nations européennes que pour nous).
Le Président a confirmé que sa politique de réforme continuerait, voire serait accélérée, car elle était la solution pour répondre aux problèmes de la France, et aux attentes des Français. Les changement structurels n’ont pas été réalisés par les gouvernements précédents, sans doute parce qu’ils étaient difficiles, mais le retard apporté à leur réalisation, s’il en augmente la difficulté, les rend encore plus nécessaires et plus urgents. Les 55 réformes déjà entreprises seront poursuivies et prolongées par de nouvelles. Toutes se tiennent et de la réforme de l’éducation à celles pour l’emploi et au RSA, de la limitation des dépenses publiques à la recherche d’efficacité des services publics ….ces réformes forment un tout équilibré et cohérent dont la réalisation exige une certaine simultanéité.
Dans cet ensemble quelques points forts ont été mis en évidence : outre la confirmation bienvenue de la généralisation du RSA (mais le flou sur son financement n’a pas été dissipé), c’est le renforcement de l’action en faveur du pouvoir d’achat qui passe par l’augmentation des petites retraites, le développement et la généralisation de « l’intéressement » des salariés aux résultats des entreprises, l’assurance de conditionner les aides aux entreprises à l’existence de négociations salariales, mais aussi la loi de modernisation économique qui doit permettre, notamment par une extension de la concurrence, une baisse des prix à la consommation.
Rendant hommage à l’action des syndicats, le Président a confirmé sa volonté de poursuivre, dans la concertation mais sans faiblesse les réformes essentielles pour l’avenir que sont celles de l’école, des retraites, de l’assurance chômage, de l’emploi des seniors, de l’allègement de l’administration. Il a confirmé son attitude faite de fermeté relativement compréhensive vis-à-vis des « sans papiers » qui s’intègre dans sa politique « d’immigration choisie », sa position vis-à-vis de la Chine, en cohérence avec sa constante volonté de dialogue, avec ses choix de politique étrangère qui permettent à la France, en Europe et dans le monde, de jouer à nouveau le rôle utile et largement attendu auquel elle avait quelque peu renoncé.
Ce long entretien dense, sérieux, avec des journalistes sans complaisance, a permis au Président de mettre en évidence la clarté de ses objectifs et la cohérence de la politique qu’il suit avec le gouvernement de François Fillon. Permettra-t-il un retournement de l’opinion ? Sans doute pas. Le trouble ou la déception des Français sont trop ancrés pour être balayés par une simple émission de télévision même assez réussie. Mais c’est un jalon posé, c’est une étape, sans doute importante, dans la longue marche entreprise par Nicolas Sarkozy pour reconquérir l’opinion et obtenir son soutien dans la politique de réforme ambitieuse qui est la sienne et dont le succès conditionne, affirme- t-il, celui de la France.
Marc d’Héré
Président d’Initiative Européenne et Sociale
11:11 Publié dans Réformes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, réformes, interview, politique |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook



Commentaires
Quel aveuglement! Comment oser dire que le paquet fiscal a profité pour les 4/5 de son montant aux ouvriers et employés? Ce n'est qu'un effet d'aubaine, qui coûte très cher à l'Etat. Et que dire des millions redistribués aux plus riches (impot sur le revenu, droits de succession, etc)? La réforme de l'assurance chômage est également honteuse, quand on sait combien la vie est dure pour des millions de chômeurs de longue durée. La réforme du droit des étrangers est scandaleuse, quand on voit les cas quotidiens d'expulsions de travailleurs et travailleuses qui tirent le diable par la queue mais font les sales besognes dont beaucoup ne veulent pas. L'augmentation de la durée de cotisation pour les retraites est mensongère quand on sait combien il est difficile de trouver un emploi après 50 ans. La politique de Sarkozy est bien de droite, mais par pudeur, merci de ne pas dire qu'elle est "sociale"! Le plus honteux dans tout ça est d'appeler ça une politique "moderne"... où est la modernité devant tant de reculs dans les droits des citoyens?
Ecrit par : Julo | 28.04.2008
Je confirme bien entendu, tous les termes de l'article ci-dessus. Vous employez des qualificatifs comme "aveuglement", "politique honteuse" "politique scandaleuse", "mensongère"....mais pas le moindre élément qui puisse étayer ces expressions.....Dommage!
Ecrit par : marc d'Here | 29.04.2008
Merci Marc d'Here,
Il est bien de noter que Julo, comme les socialistes n'ont toujours pas compris les leçons de la présidentielle. Ils continuent d'employer le mot droite comme si c'était une insulte en nous expliquant combien eux ils sont gentils et nous on est méchant... Pourquoi méchant d'oser vouloir changer les choses.
Je ne sais pas où Julo a vu qu'au moins un seul droit de citoyen aurait reculé ?! En réalité de nombreux se sont créés. Les garanties apportés par la loi handicap de 2005 portent enfin ses fruits, le droit opposable au logement, les droits des victimes se renforcent comme la protection des consomateurs et des patients.
Certes il faut encore faire des progrès mais on peut compter sur la droite pour essayer toujours d'améliorer les choses. Au PS, on cherche toujours les propositions. Augmenter les impôts des classes moyennes, je n'ai jamais compris en quoi cela augmentait le pouvoir d'achat...
A si, je vois peut être une allusion à un "droit" disparu : la prime pour l'emploi. Et bien vous devrier être content et dire bravo à Martin Hirsch de l'utiliser pour financer le RSA (qui sera plus efficace).
Ecrit par : Matthieu | 20.05.2008
Ecrire un commentaire